Le coup du rempart, vous comptez nous le refaire ?
On connait la technique : on se présente comme le meilleur rempart contre l’extrême droite, on amplifie le risque en abusant de la crédulité du lecteur, et on empoche la mise… Jusqu’au prochain coup !
Hélas, nous n’en sommes plus là. Ce n’est plus un risque, c’est un enchaînement quasi inexorable qui nous mène aujourd’hui tout droit vers un gouvernement Rassemblement national ! Mais il est encore temps d’agir.
Une victoire du RN, est-ce si grave ?
Oui, c’est grave. Tous les exemples historiques le montrent. L’extrême droit lorsqu’elle a le pouvoir, elle l’utilise. Tournons-nous vers le programme du RN, mais aussi vers sa pratique municipale, ou vers les déclarations de ses représentants les plus spontanés, que l’appareil central a du mal à cacher ou à contrôler.
Le RN au gouvernement ? Voici ce que ça donnerait :
- Le blocage, voire la mort lente de l’Union européenne à un moment où elle doit progresser (fin du leadership franco-allemand, une action commune entravée contre les risques mondiaux – menaces sanitaires, concurrence déloyale de la Chine – , l’interdiction à l’UE de trouver en commun de nouvelles ressources, de nouveaux projets ;
- une position géostratégique intenable, de fait à la remorque de la Russie ; la fin du soutien à l’Ukraine ;
- le règne de la peur, à tous les étages de la société ;
- des entraves à la liberté d’expression des associations ;
- une société fracturée, entre ceux qui sont de la bonne origine (préférence nationale) et les autres (binationaux, Français d’origine étrangère…) ; la recrudescence des discriminations, y compris à l’égard des femmes ;
- la multiplication des tracasseries imposées aux réfugiés ;
- l’abandon, au nom du refus d’une « écologie punitive » de toute stratégie climatique efficace (pourrissement du Pacte vert européen, démontage des éoliennes…) ;
- la remise en question de toute créativité culturelle qui échappe aux « nouveaux standards officiels », une privatisation et « bollorisation » des médias ;
- une gestion à haut risque d’une économie administrée et enfermée derrière des frontières prétendues protectrices
- et par-dessus tout, une forte inquiétude pour l’État de droit et la Démocratie.
Une priorité absolue : le moins d’élus possible pour le RN
Quitte à ne pas suivre exactement nos préférences politiques ou idéologiques, telle est la priorité qui s’impose à chacune et chacun d’entre nous, dès le premier tour et encore plus au second.
Il faut replacer le danger là où il est, et arrêter de mentir sur cette fausse symétrie des « extrêmes », RN d’un côté, Nouveau front populaire de l’autre, qui considère celui-ci comme une émanation pur jus de la France insoumise, ce qui est rigoureusement faux.
Attention aux mortelles triangulaires !
Le fort taux de participation annoncé risque de multiplier les circonscriptions où trois candidats seront qualifiés pour le deuxième tour. Il est impératif que la formation arrivée en troisième position se retire au profit de celle qui a le plus de chances de vaincre le RN. Agissons auprès des candidats et électeurs de l’ex-majorité, de la droite ou de la gauche classique que nous connaissons pour qu’ils respectent cette règle incontournable.
Scoop (Le Monde du 26 juin) : nous soutenons à 100 % l’initiative lancée par plus de 220 personnalités politiques et de la société civile demandant aux forces politiques démocratiques de s’entendre avant le 30 juin sur un accord de désistement, quelles que soient leurs divergences et leurs désaccords politiques.
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