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Écouter, protéger et agir… pour sortir des crises qui touchent le pays

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L’élection présidentielle, quel que soit le vainqueur, ne résoudra pas tout. Le Pacte civique propose un changement de logiciel politique.

Une démocratie ne se mesure pas seulement au fonctionnement des institutions mais aussi à la capacité de ses dirigeants à écouter ceux qui souffrent, ceux qui doutent, ceux qui décrochent ; et également à comprendre les raisons de ceux qui s’égarent en faisant le choix de la radicalité, voire de la violence.

Ignorer la colère sociale, c’est prendre le risque de transformer la détresse en rupture.

Y répondre, ce n’est pas céder à la pression : c’est reconnaître un besoin de justice, de respect et de perspectives.

Le Pacte civique se place résolument dans cette dernière optique.

Les revendications portées par la jeunesse, depuis un mois, sont ardentes et légitimes. Elles expriment une demande d’écoute, de considération, de moyens qui permettent de redonner confiance dans un avenir qui leur apparaît bouché. Elles doivent être remises au cœur de la sortie de crise.

Le Pacte civique le dit clairement : les violences et les dégradations sont inacceptables, d’où qu’elles viennent, et il les condamne. La réponse de l’exécutif ne peut se limiter à un rapport de forces entre police et manifestants. Face à une colère qui traduit des difficultés bien réelles, sa responsabilité est de créer les conditions de l’apaisement, du dialogue et de la sortie de crise.

La parole de la jeunesse est précieuse. Une démocratie ne peut pas demander à la jeunesse pleinement consciente des crises environnementales et démocratiques de croire en l’avenir en lui envoyant le message que « votre parole ne compte pas ».

Une crise de confiance envers les institutions, le personnel politique, les partis, les syndicats, les médias

Le cri de la jeunesse lycéenne et étudiante s’insère en réalité dans un mouvement social plus vaste marqué par les revendications liées au prix de l’énergie, au coût de la vie et à l’incertitude sur l’emploi. Ce mouvement puissant est lui-même enchâssé dans une crise de confiance vis-à-vis des institutions, du personnel politique, des partis, des syndicats, des médias. On pourrait même dire que les entreprises, les corps intermédiaires, les associations et les citoyens eux-mêmes portent chacun une part de responsabilité dans l’incapacité collective du pays à débattre, choisir et agir.

Dresser un bilan des deux quinquennats que l’on vient de vivre et une méthode d’action

C’est pourquoi le Pacte civique, fidèle à sa tradition d’aide au discernement s’est lancé dans une entreprise ambitieuse. Il s’est attaché à dresser un bilan des deux quinquennats que l’on vient de vivre, et le fera paraître dans quelques semaines. Son titre : « Deux quinquennats de crise aux résultats décevants et contestés ». Conscient de la difficulté de cette tâche, dans une société où la nuance tend à disparaître, le Pacte Civique, avec sa méthode éprouvée - sur la base des données objectives à sa disposition et sur les faits- a mis en évidence autant les quelques points forts et réussites que les reculs et ratés de 16 politiques publiques conduites pendant les deux mandats d’E. Macron.

Cette initiative s'attache, sans prétendre à l’exhaustivité, à décrypter les grandes évolutions de la période 2017-2026, et à offrir des clés de lecture des politiques publiques conduites.

Le bilan de ces deux quinquennats ne saurait être réduit à la seule personnalité d’Emmanuel Macron, ni même à la seule action de ses gouvernements. Il révèle aussi l’épuisement d’un modèle politique, économique et institutionnel qui ne parvient plus à produire du commun, à anticiper les ruptures, et à faire accepter les efforts nécessaires.

Dans ce Repères, le Pacte civique entend dépasser le débat pré-électoral dont la qualité, jusqu’à présent ne saute pas aux yeux ; c’est le moins que l’on puisse dire. Pour lui donner une perspective, il est nécessaire de l’inscrire dans le temps long.

Il propose une réflexion et une méthode d’action en trois temps :

  • Les six dossiers que nul candidat ne pourra esquiver
  • Faire face au risque d’une France ingouvernable
  • Des constantes éthiques pour choisir, sans fracturer, par une méthode démocratique à ré-inventer

I. Les six dossiers que nul candidat ne pourra esquiver pour affronter les grands dilemmes de notre époque

La France et l'Europe affrontent des défis d'une ampleur inédite alors que leurs instruments d'action (méthode démocratique, politiques publiques, choix budgétaires) apparaissent à la fois fragilisés et contestés.

La prochaine législature devra impérativement traiter les six sujets suivants :

01Comment renforcer la capacité d'action de l'Union européenne ?

Il est vital de la faire progresser dans le nouveau contexte géopolitique. Les domaines sont connus : défense, politique internationale, compétitivité, énergie, citoyenneté. Avec quels moyens ? La question est très ouverte : fédéralisme, majorités qualifiées, coopérations renforcées. Cette question devra occuper une place centrale dans le débat.

02Faut-il continuer à augmenter les dépenses militaires, et jusqu'à quel point ?

Cette réflexion, très liée à la précédente, exige des scénarios chiffrés, aujourd'hui manquants, sur la crédibilité de notre capacité militaire globale, nucléaire et conventionnelle.

03Quel degré de priorité faut-il accorder à la réduction de la dette publique ?

Il est devenu essentiel de mettre fin à l’emballement actuel, pour éviter que notre budget soit cannibalisé par les sommes croissantes des intérêts à payer. A quel rythme et comment ? En augmentant les prélèvements obligatoires (déjà élevés, avec le risque d’une moindre compétitivité) ou en diminuant les dépenses (avec un risque de choc sur l’économie, sur les droits sociaux ou nos engagements de réduction des GES) ?

04Comment donner une place centrale à la lutte contre le changement climatique?

Comment concilier la fin du monde et la fin du mois ? Comment créer un consensus acceptable sur les efforts immédiats à faire en commun ? La question des outils à privilégier est posée : réglementation ou incitation ? Taxes ou quotas ? Augmentation des prix ou encadrement drastique des volumes ? Quel budget y consacrer ?

05Comment reconstituer une nouvelle société du travail pour répondre aux pressants besoins sociaux ?

- La demande d’augmentation de pouvoir d’achat est posée. Faut-il accroître le salaire minimum au-delà de son indexation, relever le niveau des salaires de façon différenciée selon la situation des secteurs, des branches et des entreprises, ou encore lier les allègements de charges à des contreparties en matière d’emploi et de conditions de vie au travail dans les entreprises ?

- L’impact de la révolution de l’IA sur l’emploi est devant nous ainsi que la question de la redistribution des gains de productivité qui devraient en résulter.

- Dans ce contexte, le niveau lancinant du chômage et de l’avenir professionnel des jeunes connaît une acuité redoublée. Faire de la jeunesse et de l'éducation une priorité en partant des besoins réels, apporter des réponses fondées sur la solidarité entre les générations.

La qualité des services publics est dégradée ; ils sont souvent moins accessibles, ce qui engendre un sentiment d’abandon sur lequel prospère l’extrême-droite. Il est nécessaire de trouver des solutions à cette dégradation, en premier lieu au dysfonctionnement éducatif du pays et au mal être général qu’il provoque.

06Comment renforcer la compétitivité de la France dans l’Europe, et de l’Europe dans le monde ?

Même si cette question vient en dernier dans la liste des dossiers à traiter, elle est essentielle. On ne peut redistribuer que ce qui a été produit, et inversement le schéma de répartition influence la production. La question de l’équilibre entre ces deux fonctions est donc centrale.

Il faut traiter ce sujet à deux niveaux : celui de l’UE ; et celui de la France, où l’effort de recherche doit être accru et les conditions de la production améliorées.

II. Faire face au risque d’une France ingouvernable

Il est crucial que les candidats à la fonction présidentielle se positionnent sur ces grands dossiers qui seront ceux de la prochaine législature et de la prochaine décennie.

Or, ces différentes exigences sont souvent contradictoires. En réalité, plus que des contradictions, ce sont des conflits de priorités ou des dilemmes éthiques. Ainsi par exemple, la réduction de la dette publique limitera les ressources budgétaires disponibles : au détriment de qui, de quel dossier ? De même, l’accroissement des prélèvements obligatoires peut amputer la compétitivité. Les ressources mises au service de la transition écologique ne seront plus disponibles pour satisfaire les besoins sociaux. On pourrait multiplier ces exemples.

Ces risques déjà avérés nous conduisent à préconiser les attitudes suivantes :

-éviter les promesses non tenables, sources de déception ou de désordre, en rappelant que la modération n’est pas l’ennemie de l’ambition ;

-rechercher ardemment les complémentarités, par exemple lier éducation, recherche, compétitivité et nouveau régime climatique ;

-traiter chaque problème avec toutes les parties prenantes concernées - y compris les personnes vulnérables qui ont, du fait de leur expérience de vie, des choses importantes et inédites à dire - pour créer des compromis, construire des accords stables et éviter les effets de balancier ;

-à cet effet, donner toute sa place au dialogue social et au dialogue citoyen en amplifiant le mouvement amorcé vers de nouvelles formes de débats publics et citoyens, loyaux et contradictoires, tant au niveau des territoires qu’à l’échelon national et européen ;

-travailler à la cohérence dans l’action, inventer des scénarios, organiser de nouvelles formes de planification adossant ces scénarios à des visions de long terme.

III. Des constantes éthiques pour choisir, sans fracturer, par une méthode démocratique à ré-inventer

Le Pacte civique propose de prendre en considération plusieurs constantes éthiques pour mettre en place une méthode d’action :

-on ne pourra pas satisfaire tous ces besoins légitimes sans repenser au sein du processus de production des richesses, la place du travail tant au plan de sa qualité que de sa durée, surtout avec l’arrivée de l’IA, et sans construire un nouveau pacte intergénérationnel, comme a réussi à le faire la société française après la guerre de 39-45, avec le système de sécurité sociale ;

- être attentif à ce que le poison de l’incivisme européen ne vienne pas créer le trouble et faire croire que notre pays peut faire cavalier seul. Cet incivisme est prôné par ceux qui refusent que la France paie sa contribution à l’UE( la conséquence sur la politique agricole commune serait immédiate) ou qu’elle répudie sa dette ( avec des difficultés certaines pour trouver les prêteurs dont nous avons besoin au mois le mois) .

- afin de trouver un consensus minimal sur tous ces changements et éviter les conflits stériles, la garantie devra être donnée que le socle social de base auquel les Français sont attachés sera maintenu, pour autant qu’il soit financé, et de manière juste ;

- pour opérer cette bifurcation, un nouvel imaginaire est à générer, reliant lucidité, courage et espérance en permettant de traiter ensemble, et non séparément, les questions économiques, sociales et écologiques. Pour sortir de l’impasse structurelle de nos sociétés, il s’agit d’engager le combat citoyen et démocratique.

Plus les comportements se modifieront, moins les moyens budgétaires seront nécessaires. De ce point de vue, la grille du Pacte civique avec ses quatre valeurs (créativité, sobriété, justice et fraternité), et ses trois niveaux d’engagement – individuel, de proximité collective et des politiques publiques au niveau national et européen - reste pertinente. Une culture de la sobriété juste et partagée, est incontournable et reste à construire, en réduisant les excès de richesses des puissants, en travaillant plus collectivement - non pour consommer plus, mais pour investir dans ce qui doit rendre la Terre habitable.

Un dialogue citoyen et fraternel innovant est le chemin de l’avenir.

Pour soutenir le Pacte civique : cliquez ici

Pacte civique

Collectif citoyen engagé pour une société plus juste et fraternelle. Nous mettons notre créativité de citoyen, de travailleur, d’entrepreneur ou d’artiste au service d’une société humaine respectueuse de la dignité de chacun et de la nature. Nous faisons de la sobriété un enjeu de transformation personnelle, économique et écologique. Nous sommes trans-politiques, de toutes croyances ou non croyances; et nous faisons du débat éthique le moyen d’avancer ensemble à partir d’opinions diverses.