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Loin des idées reçues, les personnes précaires éclairent le chemin d’une transition écologique juste

Entre mai 2023 et juin 2025, le Pacte civique  a mené une étude approfondie intitulée “Sobriété et pauvreté”. L’objectif : mieux comprendre la manière dont les personnes en situation de pauvreté ou de précarité perçoivent et vivent les enjeux de sobriété et de transition écologique.

Un sondage réalisé en mai et juin 2023 auprès de personnes vivant sous le seuil de pauvreté [1] avait apporté un premier éclairage, pour partie contraire aux idées reçues : 85% des personnes interrogées  se déclaraient préoccupées par le dérèglement climatique et la perte de la biodiversité, soit un niveau comparable à celui relatif aux inégalités sociales. Sobres par nécessité, elles l’étaient aussi par conviction citoyenne et se déclaraient prêtes à faire des efforts supplémentaires, mais pas sur tout, pas toutes seules  et pas n’importe comment.

Premières exposées aux conséquences du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, les personnes en situation de précarité, dont la parole est peu entendue, ignorée ou parfois même altérée, sont porteuses de savoirs, d’expériences concrètes, d’analyses critiques et de propositions fortes. Le Pacte civique avait la conviction qu’écouter leur parole permettrait de progresser dans la recherche d’une transition  juste.

Une enquête qualitative approfondie a ainsi été menée pendant 2 ans, en mettant en œuvre une méthode attentive à la construction patiente d’une relation de confiance avec les personnes rencontrées. Les entretiens ont été menés au rythme et avec les mots de la personne rencontrée, en lui garantissant l’anonymat et une stricte confidentialité, ce qui a contribué à  faire surgir une parole libre et forte.1 400 pages de transcription ont été analysées.

Le rapport s’appuie directement sur la parole des personnes précaires et en reprend les principaux verbatims.

Rapport et synthèse, disponible en cliquant ici.

L’enquête met en lumière :

  • La conscience des enjeux écologiques des personnes interrogées, qui s’exprime fortement dans les entretiens. Les personnes rappellent « ne pas avoir les moyens d’avoir une gestion irresponsable des ressources » et sont blessées de voir que leurs efforts et pratiques responsables, invisibilisés, ne sont pas reconnus.
  • Des critiques à l’égard des modalités retenues par les politiques de transition – et non pas de leurs objectifs ou de la notion de « sobriété » – considérées comme des injonctions descendantes déconnectées des réalités vécues, une absence perçue d’un manque d’exemplarité et de cohérence des responsables publics et économiques, une carence en matière de logement, une crainte que le discours sur la transition écologique puisse servir de justification à un renforcement du contrôle social.
  • Une demande ferme d’être associés effectivement à l’élaboration des politiques ainsi qu’à leurs modalités de mise en œuvre et de voir pris en compte le droit à un minimum nécessaire, symbolede leur dignité et de leur citoyenneté, de leur appartenance pleine et entière à la société.
  • Le constat d’effets bénéfiques de la transition écologique dans des champs autres, notamment : la santé, qui permet de lier attention à soi, aux autres et à la planète ; le travail, avec les « métiers verts » qui peuvent constituer un réel tremplin du retour à l’emploi, avec des échanges gratifiants. Les deux articulent concrètement écologie, justice sociale et aspirations à une vie digne.
  • L’étude révèle une réticence à l’utilisation du terme “pauvre” jugé figé ou stigmatisant, qui occulterait la richesse des savoir-faire, des liens sociaux ou des solidarités.  Les personnes interrogées lui préfèrent celui de “précaire”, moins statique.
  • De façon générale, la transition écologique est perçue comme indispensable et indissociable de la justice sociale, des liens avec autrui et de la participation démocratique.

Des contributions très denses et ancrées dans le réel qui donnent à réfléchir et à agir vite !

Elles tracent, sous une forme souvent inhabituelle, les jalons d’un nouveau chemin,

éclairé par les plus vulnérables et utile à tous.

A chacun de s’en saisir !

D’ores et déjà, le colloque organisé par Pacte civique, le 13 octobre 2025 au Sénat, « sobriété et justice(s) : quelle démocratie ? » donnera l’occasion d’en débattre et de commencer à réfléchir collectivement aux suites à leur donner. Pour s’inscrire, cliquez ici.

Pour télécharger le flash info, cliquez ici

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[1] Sondage Pacte civique- Viavoice mai –juin 2023

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Pacte civique

Collectif citoyen engagé pour une société plus juste et fraternelle. Nous mettons notre créativité de citoyen, de travailleur, d’entrepreneur ou d’artiste au service d’une société humaine respectueuse de la dignité de chacun et de la nature. Nous faisons de la sobriété un enjeu de transformation personnelle, économique et écologique. Nous sommes trans-politiques, de toutes croyances ou non croyances; et nous faisons du débat éthique le moyen d’avancer ensemble à partir d’opinions diverses.