A titre liminaire, il est nécessaire de sortir de la sidération provoquée par le retour de la force guerrière et de la politique de puissance dans les relations internationales, pour engager un combat lucide défendant les principes et les valeurs qui ont guidé le monde depuis 1945, fondés sur le droit et le multilatéralisme.
« La démocratie [est] le seul régime politique qui soit fondé sur le vide, [c’est à dire] sur nous-mêmes et notre vouloir vivre [et non sous la loi de Dieu ou du Roi] (…). C’est un système qui ne fonctionne que si les gens y croient. (…) Il repose sur la confiance ». Or, de plus en plus de gens voient que la démocratie est affaiblie, qu’elle ne peut plus fonctionner par « une sorte d’inertie institutionnelle »[1].
Le XXe siècle aura connu des catastrophes provoquées par tous ceux qui ont voulu occuper ce « vide central ». Faute de l’engagement de chacun dans la vie démocratique, nous ne cesserons de continuer à susciter des « grands timoniers » nationalistes ou idéologues, pour les idolâtrer avant de les démystifier.
Aujourd’hui, ce vide est occupé principalement par un Président des Etats-Unis d’Amérique qui ignore délibérément le droit et veut remplacer les institutions créées depuis 1945 par une « pax americana » unilatérale, qui s’avère aussi ridiculement prétentieuse que géopolitiquement vaine.
Il nous faut aujourd’hui interroger notre modèle démocratique qui, en France, est une démocratie très verticale avec un chef de l’État, clef de voûte de la vie politique et malgré une décentralisation mise en œuvre à partir de 1981 qui n’a toutefois pas réussi à créer des systèmes de pouvoirs horizontaux en conférant suffisamment de pouvoirs aux territoires.
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