Compte rendu du débat organisé le 22 octobre 2020 par D&S après l’assassinat de Samuel Paty, professeur. à Conflans-Ste-Honorine.

« L’événement sera notre maître intérieur » (Emmanuel Mounier)

Echanges sur l’événement « décapitation de Samuel Paty ».

Avertissement

Cette tentative de synthèse que j’aurais voulu plus complète a été faite à partir de mes notes et de celles prises par Sébastien et Yvon pendant la séance de « remue-méninges » de jeudi dernier. J‘ai lu mais n’ai pu relire tous les éléments des échanges « sur le fil », et donc pu développer dans le détail les sujets sur lesquels celui-ci s’est focalisé.

Dans la perspective du débat au CA de ce soir, j’ai assorti chacun des points évoqués d’un commentaire, qui n’exprime pas mes positions personnelles, qui, en général ont été reprises dans le développement.

Daniel Lenoir,  le 27 octobre.

  • La réaction à l’événement :

Beaucoup ont parlé de sidération, d’horreur, de consternation face à un acte barbare, un assassinat politique prémédité, à l’extension du domaine du terrorisme. Touchés, attristés et meurtris, le silence apparaît à beaucoup comme un temps nécessaire, ce qui a conduit certain.e.sà ne pas participer au remue-méninges et aux échanges.

Ces émotions fortes résultent notamment :

  • De la cible de l’attentat, un professeur, bien qu’il y ait eu auparavant des militaires, principalement d’origine maghrébine, des juifs, enfants, enseignants et pratiquants, des journalistes et dessinateurs, des policiers, des « fêtards » au Bataclan, dans les bars ou pour la fête nationale, unprêtre dans son église,
  • Du mode d’attentat et de la symbolique qui y est attachée : décapitation, à l’arme blanche, contre armes à feu auparavant
  • De l’âge des complices et même de l’auteur
  • Du sentiment qu’un point de rupture a été atteint par rapport à la liberté d’expression et au pacte scolaire.
  • Du sentiment de vivre un remake de 2015 avec la sidération les mobilisations les recueillements, d’une histoire qui dure, avec le début à Creil en 1989.
  • De l’inquiétude et même de la peur, des juifs par exemple, face à la terreur.
  • De l’Inquiétudes sur la capacité de la société à tenir avec la montée du nombre des attentats
  • De la sensation d’impuissance qui s’est installé.
  • Du pessimisme : nous dispersons nos forces de manière absurde.

Plusieurs n’ont pas été surpris, mais pour des raisons différentes :

  • Effet directde la republication des « caricatures »
  • Maintien d’une présence djihadiste dans le pays (54éme attentat, mais une centaine déjoués) ; « c’est un assassinat politique »
  • Suite des déclarations du Président après trois ans de silence ou même de relâchement de la vigilance

Difficile de porter une réflexion bien construite sur l’événement :

  • Le temps pris pour trouver la nuance est difficile à trouver.
  • Si on cherche des responsables, elle incombe à tout le monde – tout le monde en a une part avec des responsabilités différentes
  • Il renvoie et nécessite de nombreuses connaissances, de croisements
  • Tout cela rend les échanges très difficiles et les discours difficilement intelligibles.

Commentaire :

Le partage de ces émotions et sentiments était un des objectifs. Il est surement important, comme nous l’avons fait pendant le confinement, de trouver des moments pour accueillir l’événement. Comment l’organiser à l’échelle de l’association ?

  • Sur les réactions du monde politique

La réaction immédiate d’Emmanuel Macron et l‘hommage national ont été en général appréciés. Egalement apprécié l’unité actuelle des enseignants.

En revanche beaucoup regrettent le durcissement du débat ausein du « microcosme » avec des divisions extrêmement rudes entre différentes tendances de la laïcité.

Plusieurs témoignent de la difficulté de dialoguer, notamment avec une partie de la gauche. Il y a deux gauches qui se déchirent : celle qui lutte contre l’islamisme en brandissant l’étendard des caricatures et celle qui assimile tut musulman à une victime, discriminée, racisée.

Nécessité aussi de retour sur le passé : OPA de SOS Racisme en 1983, affaire de Creil en 1989 …

La droite s’est droitiséeencore davantage dans un discours sécuritaire et le centre a disparu.

Commentaire :

Comment dépasser une analyse politique qui pourrait d’ailleurs être approfondie, pour analyser la façon dont la démocratie se saisit de ce type d’événement et proposer des modes d’exercice de la démocratie adaptés ? A voir avec l’observatoire de la qualité démocratique du Pacte civique ?

  • Sur la réaction des autorités religieuses, notamment musulmanes

Nombreux sont ceux qui ont été agréablement surpris et soulignent la réaction exemplaire de nombre de responsables musulmans, soit au niveau national, soit au niveau local (Lyon, ou ailleurs) avec des reprise positives dans les médias. Cela alimente le sentiment que la communauté musulmane a pris conscience de la gravité de la situation. Cela n’est peut-être pas pour rien dans la relance de la radicalisation, face à un « islam des Lumières » qui commence à pointer son nez.Cette visibilité plus grande de responsables développant une approche laïque de l’islam fait aussi d’eux une cible potentielle des attentats.

Plusieurs font état aussi de manifestations locales interreligieuses (esplanade des religions à Marne la Vallée), souvent à l’initiative des responsables musulmans eux-mêmes (« les musulmans nous ont proposé de nous retrouver devant la mosquée »).

Cela met en évidence l’importance du dialogue interreligieux qui semble mieux fonctionner sur le terrain qu’entre théologiens.

Commentaire :

C’est une dimension importante de l’événement qui n’a peut-être pas été assez mise en évidence et sur laquelle D&S pourrait avoir une action plus forte dans ses deux dimensions :

  • Favoriser une vision laïque de l’islam
  • Favoriser le dialogue interreligieux.
  • Sur la question islamiste et de la radicalisation

Est pointée la mauvaise gestion de la question de l’islam en France, comme un élément exogène à la société française. Hormis quelques enseignants et acteurs de terrain, dans certaines villes ou quartiers : on pense l’Islam et les musulmans comme ne faisant pas pleinement partie de la société. D’où l’importance prise par les Frères musulmans puis lensalafisme, qui ont façonné la culture ambiante, notamment chez les jeunes.

Certains pointent la difficulté à dire quoi que ce soit sans se faire taxer d’islamophobie.

Commentaire :

La question de l’islamisme a finalement été assez peu abordée, y compris dans les échanges qui ont suivi la séance, alors que c’était l’axe principal du débat mouvant proposé par Jean-Claude. Il est surement important de mieux comprendre les sources de ce phénomène (cf. le rapport de l’Institut Montaigne et l’étude demandée par la Cnaf en 2016) et de clarifier nos positions sur le phénomène (cf. doc de JCD).

  • Sur le séparatisme

Quid du séparatisme qui a fait l’objet d’un discours quelques jours avant ? Comment le relier aux évènements ?

Certains reprennent le terme à leur compte. D’autres contestent sa pertinence et regrettent que les annonces du président font suite à un relâchement de la vigilance depuis trois ans :« On a baissé la garde depuis 3 ans ». Assez surpris aussi qu’il parle de guerre à propos du virus et pas à propos du djihadisme et de Daech. D’autres évoquent le risque de remise en cause de la loi de 1905 à cette occasion

Commentaire :

Là aussi, le sujet a été assez peu abordé en tant que tel. Devons-nous réfléchir, avec le Pacte civique, sur le concept de séparatisme dans la perspective du projet de loi, ou attendre que le concept s’éteigne, comme un feu de paille ?

  • Sur la radicalisation et la question sécuritaire.

Quelques évocations :

  • Appel à une stratégie non violente en termes éducatifs et plus violente en termes policier.
  • Difficulté à cerner le phénomène de la radicalisation (cf. conviviale avec Pierre Ngahane).
  • Limites de la laïcité comme réponse au phénomène (« La laïcité n’est pas la réponse »).

Commentaire :

Malgré une conviviale avec un Préfet sur le sujet, on sent notre difficulté (inconsciente) à aborder de front la question sécuritaire. Pourtant le débat public va se concentrer sur ce sujet et sur les limites qui pourraient être apportées aux libertés publiques au nom de la défense de la démocratie. Se pose également la question du recours à la violence par l’Etat (qui a le monopole de la violence légitime) au regard de nos principes d’action « non-violente ».

  • Sur la laïcité

Rappel des trois chantiers engagés par le groupe « laïcité de D&S :

  • La clarification des concepts
  • L’enseignement du fait religieux
  • L’islam et la laïcité

Il ne faut pas tout attendre de la laïcité (cf. ci-dessus) : c’est un élément de prévention, un garde fou.

Comment réagissons-nous à l’espèce de césure à l’intérieur même de la réflexion laïque entre une loi de liberté et une évolution récente vers une « laïcité de combat ». Certains sont « atterrés » et attristés par les réactions, notamment sur les réseaux sociaux, et par l’histérisation du débat entre ces « deux laïcités ». Opposition qui est d’ailleurs récusée par certains participants, touchés par le fait que le microcosme politique se déchire sur le thème de la laïcité et souhaiteraient avoir une parole publique pour appeler au calme. Ces déchirements sont catastrophiques pour la gestion de la situation.

Le débat s’est focalisé, pendant la séance comme après dans les échanges, sur les débat et polémiques sur l’Observatoire de la laïcité, avec cette opposition entre la « une laïcité de combat » et « une laïcité d’accommodement ».

C’est un des points, avec le suivant, qui a été le plus abordé sur « le fil » après la séance. Faut-il prendre parti entre deux conceptions qui se vivent comme « irréconciliables » de la laïcité ? Est-ce vraiment notre vocation ?

Commentaire :

Comment porter une parole de conciliation sur cette question de la laïcité ? Comment concilier le temps de la réflexion engagée dans le groupe thématique, et la réaction aux événements ? Peut-on faire des propositions pour une meilleure prise en compte de la laïcité dans la régulation de la société ?

  • Sur les « caricatures », la liberté d’expression et le « droit au blasphème »

Certains contestent la liberté d’ « insulter » les gens à travers des caricatures de ceux en quoi ils croient. D’autres mettent en évidence l’inadaptation de la caricature à l’ « âge de la pensée complexe ». La caricature a pour but de déstabiliser l’autre, ce peut être de manière tendre, et il y a aussi la caricature méchante, qui abêtit l’autre : « je préfère des caricatures correspondant à l’art 1 de la DDHC, qui est que les êtres humains doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Comment faire pour que « la liberté d’expression soit fraternelle ».

Le « droit au blasphème » est une expression malheureuse. La liberté d’expression implique que qqn puisse blasphémer. Mais est-ce certain pour autant ? Le blasphème est une conséquence du droit, et pas un droit qui pourrait devenir un devoir. Avec le risque que le « droit de caricaturer ou de blasphémer ne deviennent une sorte de devoir, et ne participe du développement du relativisme.

Pour ceux-là, « si on continue, on va vers d’autres tensions et drames ». Mais si on va dans un sens plus restrictif, « ça va être considéré comme un recul ».  Difficile de filtrer le type de caricature en fonction des intentions. C’est un problème délicat entre deux stratégies.

C’est un des points qui a fait le plus l’objet d’échanges « sur le fil ». Pour des raisons de temps, ne sont repris ici, pour l’essentiel, et trop rapidement, que les positions qui contestent le droit au blasphème et à la caricature, et pointent les excès potentiels de la liberté d’expression, et non celles qui défendent le progrès que constitue la suppression du blasphème dans la législation (qui n’institue pas pour autant « un droit au blasphème » puisque celui-ci n’a pas d’existence juridique) , le caractère hygiénique de l’humour et de la caricature, le rejet des interprétations obscurantistes de la charia,  et les limites d’ores et déjà mises à la liberté d’expression, sans parler des enjeux internationaux avec le débat sur une « déclaration des droits de l’homme en islam » portée par l’Organisation de la coopération islamique (57 Etats), et qui interdit le blasphème, comme d’ailleurs l’apostasie.

Commentaire :

A l’évidence, c’est le point de dissensus le plus profond entre nous. Est-ce vraiment la priorité de trancher ce débat ?Comment dépasser les conflits, voir l’hystérisation du débatentre nous, sur ces sujets qui mériteraient de plus long développement, notamment pour clarifier des notions juridiques ?

  • Sur la question pédagogique

Deux questions ont été abordées :

  • La pédagogie de la liberté d’expression (et aussi de la laïcité)
  • L’enseignement du fait religieux.

Sur le premier point, et dans le sens du point précédent, certains contestent l’utilisation des « caricatures » à l’appui d’un cours sur la liberté d’expression : « Dans un cours sur la pornographie, va-t-on montrer un film porno pour prendre de la distance par rapport à cela ? ».

Là aussi, le débat s’est prolongé « sur le fil », avec la référence à la lettre aux instituteurs de Jules Ferry. Peut-on développer l’esprit critique en heurtant les élèves de front. D’autres rappellent que la contestation ne vise pas que les « caricatures », mais aussi les cours de SVT, la théorie de l’évolution, la cosmologie, les poèmes de Baudelaire, l’enseignement de la Shoah, ….

Sur la deuxième question, « Où en est le fait religieux à l’école ? », le constat est inquiétant et on ne sait quoi faire et les moyens sont insuffisants.

Il a été fait état d’une expérience menée avec l’enseignement privé à Marne la Vallée, avec une démarche auprès de l’inspecteur d’académie pour pouvoir présenter les religions dans l’Education Nationale. « Les rencontres témoignent que c’est extraordinaire. Tous les fantasmes sur l’islam tombent. Nous en tant que force de proposition, avec le respect de la laïcité ».

Commentaire :

Sans revenir sur les éléments de dissensus présentés dans le point précédent, il y a une réflexion à engager sur pédagogie et spiritualité, comme c’est proposé au CA de D&S.

  • Sur le lien social

Plusieurs manifestent leur inquiétude sur la perte de lien social et la difficulté en France de développer des approches communautaires (pas communautaristes), mieux prise en compte au Québec.

Plusieurs insistent aussi sur la situation de précarité qui s’est développée dans certains quartiers et sur le potentiel de radicalité violente que recèle l’exclusion, ainsi que la désertion des services publics : « On a 6 millions de chômeurs et on s’en fout ».  « On chasse les gens des quartiers et ils ne restent que des gens « à problème ». Les gens ne sortent pas de leurs quartiers. » « On a voulu mettre les noirs et les musulmans ensemble ». On va tendre vers une gestion sécuritaire sans aucune réflexion sur le social.

Chez bcp de jeunes le paradigme de juxtaposition de communautés est dominant.Un constat de terrain : dans la plupart des quartiers où on parle de communautarisme, d’entre soi, les jeunes ne participent pas à la vie politique. Ils n’y croient pas. Il faut imaginer des formes d’actions sur le terrain en s’appuyant sur les acteurs de terrain. « On n’a pas de projet de société qui pourrait faire rêver les jeunes ».

Plusieurs insistent sur l’importance de renforcer les services publics, notamment dans le cadre de la politique de la ville.

Il y a eu moins de prolongement « sur le fil » que sur les sujets précédents.

Commentaire :

Il s’agit d’une dimension importante du sujet (cf. le récent rapport de l’Institut Montaigne) et les travaux du Conseil national des villes. Voir comment on peut progresser, peut-être avec le Pacte civique.

  • Sur l’impact des réseaux sociaux

D’aucuns parlent de « réseaux asociaux » qui jouent un rôle amplificateur considérable et de diffusion des infox. Ilfaut aussi ajouter le poids des chaines d’information en continu.

Commentaire :

Une fois de plus, le sujet n’est abordé qu’incidemment et faiblement, malgré, là aussi, une conviviale il y a un an. On peut peut-être voire là la difficulté que nous avons à appréhender les conséquences de la révolution numérique. D’où l’urgence, déjà signalée, de mettre en place un groupe thématique.

  • Sur la dimension internationale

Inquiétude sur la position internationale de la France, et le risque d’affaiblissement et d’isolement, sur les engagements extérieurs de la France, notamment au Sahel et contre Erdogan, du projet séparatiste de certains islamistes. Certains regrettent que « La France soit devenue le grand Satan » et a remplacé les Etats-Unis dans ce rôle.

A signaler également l’offensive internationale de l’OCI (voir ci-dessus) pour intégrer les éléments d’une certaine interprétation de la charia dans le droit international. Ainsi que le poids du Maroc, de l’Algérie et de la Turquie sur l’islam en France.

Commentaire :

C’est une dimension déterminante du débat (le djihadisme est une guerre mondiale, l’islamisme est une offensive diplomatique mondiale), sur laquelle nous nous sentons mal armés, en terme d’outils d’analyse comme de capacité d’action.

  • Sur la question migratoire :

La question du rapport avec la question migratoire a été très peu abordée, avec toutefois cette expression forte : « la régulation de la haine ».

Commentaire :

C’est un terrain qu’à l’évidence, nous avons un peu délaissé. Peut-on relancer nos travaux ?

  • La dimension spirituelle

La dimension spirituelle du sujet a finalement été assez peu abordée pendant la séance, sauf sou forme de question et dans la référence aux travaux d’Adrien Candiard (dominicain vivant au Caire, cf. le dernier numéro de la lettre).

Quelques expressions « sur le fil », qui proposent de développer ce champ d’investigation, de réflexion et d’action.

Commentaire :

Comment développer une approche spirituelle de ces questions ? C’est probablement sur ce terrain-là que nous pourrions avoir un apport spécifique. 

  • Sur les suites pour D&S

Bien sûr le travail engagé dans le groupe « laïcité », mais aussi « inter-spiritualité » et d’autres à créer ou en cours de création. Comme pour le Covid, intégrer « l’événement » dans nos travaux.

Plusieurs insistent sur la nécessité de développer l’éthique du débat et la construction des désaccords entre nous : « il faut que nous travaillions ensemble, et être capables de débattre alors que nous ne sommes pas d’accord ».

Possibilité de s’associer à l’initiative prise par le Pacte civique le 17 novembre, au  forum 104 (à voir au prochain CA) : invités Dominique SCHNAPPER, présidente du conseil des sages de la laïcité, mis en place par JM Blanquer pour contrecarrer un peu l’Observatoire de la laïcité, Rachid BENZINE  et Valentine ZUBER – qui a récemment pris parti pour Bianco, ainsi qu’un prof d’Hi/Géo qu’on cherche –

D&S jouit d’un grand nombre d’écrits qui pourraient être vulgarisés.

Aller à la rencontre des jeunes, montrant qu’il peut y avoir des harmonies entre D et S ; et leur dire qu’ils ont la possibilité de participer et d’être présents.

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