Le 9 juin, les élections au Parlement européen ont livré leur lourd verdict. En France, les résultats sont vertigineux puisque 40% des votants ont choisi de soutenir une liste d’extrême droite. L’initiative du Président de la République, le soir même, de dissoudre l’Assemblée nationale a surpris, voire sidéré, plus d’un. Cette décision a toutefois le mérite de redonner la parole au peuple pour répondre à une crise de défiance, perceptible depuis de nombreuses années, plus particulièrement depuis l’épisode des Gilets Jaunes. A dire vrai, depuis que la majorité relative de l’Assemblée nationale peinait à faire passer ses textes, la dissolution devenait une option de plus en plus crédible. Cette dissolution, si vite décidée, prend acte de cette situation et renationalise un scrutin qui n’avait pas à l’être, pas plus que dans la circonstance d’élections locales perdues. C’est une contre-pédagogie notable vis-à-vis de la démocratie européenne en construction.
Un déni démocratique et européen
Chacun a bien compris que l’écrasante victoire du Rassemblement national (RN) aux Européennes trouve son explication, pour l’essentiel, dans des motifs de politique intérieure : un ressenti identitaire sur l’effet des flux migratoires, la question du pouvoir d’achat, la réforme des retraites, le rejet de la personne d’Emmanuel Macron, sans que l’Europe et son avenir n’aient jamais été véritablement au cœur du débat. La campagne des Européennes focalisée sur ces thèmes de politique intérieure fut une sorte de déni démocratique et européen destiné à abuser le citoyen.
Une dissolution pour faire quoi ?
Les Législatives des 30 juin et 7 juillet vont maintenant se tenir après une campagne brève, sans doute riche en rebondissements, déjà largement sur la scène médiatique. Le contexte et les contraintes institutionnelles de calendrier donnent un spectacle exécrable. Cependant – et c’est un point positif que le Pacte civique veut relever- la parole est maintenant au citoyen.
Fallait-il dissoudre ? Fallait-il dissoudre comme ça, lors d’une soirée électorale ? Y a-t-il des dissolutions heureuses ? Une partie de la réponse peut être recherchée dans les précédents. En 1962 et surtout en 1968, le Général De Gaulle l’a fait avec la dramaturgie dont il était coutumier et avec le résultat positif que l’on sait pour son camp. En 1997, Jacques Chirac, qui n’était pas réellement confronté à une crise immédiate, n’a pas eu la même main heureuse. Était-on, le 9 juin au soir, dans une situation de crise ouverte nécessitant cette initiative ? Le rejet cinglant de la politique intérieure par une large partie du corps électoral et l’affaiblissement du parti majoritaire peuvent expliquer cette prompte mesure. Emmanuel Macron aurait-il dû résister à cette précipitation et espérer trouver des majorités ponctuelles pour faire passer les textes législatifs ? Peut-être. Cependant, on peut légitimement penser que la discussion du projet de loi de finances (PLF) ou du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) aurait certainement fait l’objet, à l’automne, d’une vive contestation et vraisemblablement de l’adoption d’une motion de censure tant le groupe « Les Républicains » (LR) de l’Assemblée nationale était déterminé à faire valoir sa capacité de nuisance et à voter avec le RN ou/et LFI afin de faire tomber le Gouvernement. Emmanuel Macron, conscient de l’inéluctabilité de cette échéance a sans doute préféré éviter une dissolution dictée par la contrainte et a entendu montrer que c’est lui qui avait l’initiative.
Mais surtout, une dissolution pour faire quoi ? Mettre le pays devant ses responsabilités ? Susciter un sursaut ? Provoquer le reclassement des familles politiques ? Eviter l’accès au pouvoir du RN ? Ce dernier objectif est plus que louable mais n’est-il pas l’aveu de l’échec de la stratégie du « rempart » qu’E. Macron prétendait représenter. L’extrême droite s’est hissée à un niveau inégalé (40% de l’électorat) tant du fait de l’impopularité des réformes engagées par E. Macron que de sa personne en raison de l’hubris qu’il porte en lui. Mais cet échec est aussi celui des partis qui ont occupé le pouvoir depuis l’apparition de ce mouvement et de tous ceux, notamment à gauche, qui ont prétendu le combattre et se sont montrés incapables d’attirer l’adhésion et le vote des classes populaires.
Un certain pessimisme prévaut car on voit mal pourquoi en trois semaines les Français changeraient d’avis. Certes le scrutin n’est pas le même : un vote à deux tours dans une circonscription en faveur de candidats n’a rien à voir avec le vote à un tour sur une liste nationale que l’on vient de connaître. Cependant, le RN est première position dans quasiment tous les territoires à l’exception des grandes villes (Paris, Lyon, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Rennes, Strasbourg, Montpellier). De surcroît, comme on le sait, le système électoral du scrutin majoritaire à deux tours revêt un effet amplificateur au bénéfice de la formation majoritaire. L’union de la gauche au sein d’un Nouveau Front populaire et autour d’un programme rapidement négocié et non chiffré changera-t-elle la donne électorale ?
Sortir d’une double impasse
En réalité, le pays est face à une double impasse, l’une qui concerne la nature et la structure de l’espace politique actuel pour dégager une coalition capable de gouverner, l’autre qui porte sur un divorce entre les demandes du pays et les besoins du pays.
Sur le premier point, une victoire sur le RN suppose une occupation non conflictuelle de l’espace politique par des formations (PS, LR, Renaissance) qui, malgré leurs différences, partagent les fondamentaux issus des grands choix de la Libération, à la fin de la seconde guerre mondiale : l’Europe, la démocratie représentative, l’Etat providence, la sécurité sociale, la laïcité, la dénonciation de l’anti-sémitisme, la solidarité atlantique, la défense de l’Ukraine. Cet espace central exclut les deux extrêmes que représentent le RN et LFI (qu’il ne s’agit pas pour autant de renvoyer dos à dos). Or le PS, comme on le voit avec le programme du Nouveau Front populaire, et une partie de LR, ralliée au RN, penchent vers leur extrême respectif. Cette impasse, si elle perdure, assure au RN une majorité à l’Assemblée nationale, au moins relative. Il faudra trouver le moyen de sortir de cette ornière en trouvant des modus vivendi entre partis qui ne sont pas nécessairement engagés dans des coalitions électorales mais qui, d’accord sur les grands enjeux des valeurs démocratiques, s’abstiennent de faire tomber le Gouvernement à l’instigation d’un parti extrême. Cependant, le risque d’une France ingouvernable, avec une montée de la violence, est élevé.
La seconde impasse résulte du grand écart entre les demandes du pays (couverture sociale efficace, pouvoir d’achat renforcé, plus de services publics, moins d’impôt) et les besoins du pays (investissements productifs et écologiques, recherche, technologies numériques, budget militaire renforcé, équilibre budgétaire). Toute action gouvernementale qui ne cherche pas à réconcilier les deux tropismes et réduire leurs effets contradictoires abusera la confiance des Français.
Il est vital que des alternatives crédibles au RN soient proposées
Le Pacte civique en cette période cruciale plaide pour les solutions les plus aptes à faire reculer le RN dont le programme manque de substance, de cohérence et de financement. Notre collectif propose de faire le choix de la transition climatique équitable, de services publics revalorisés, une défense crédible, une justice sociale renforcée, la restauration du respect de l’adversaire avec qui l’on délibère en acceptant l’éthique du débat, la réhabilitation d’une certaine forme de respect public et privé et d’autorité citoyenne. On peut souhaiter que le choc de de la dissolution ait un effet de prise de conscience.
Cela passe pour nous par la promotion active des valeurs de créativité, de sobriété, de justice (voire de justesse !) et de fraternité, dont on peut craindre qu’elles ne soient pas actuellement au rendez-vous mais pour lesquelles il faut se battre.
Pour que la démocratie vive, il faut que les citoyens puissent opter entre plusieurs courants politiques qui ne soient pas un choix forcé entre le droit et le chaos, entre la rigueur et la fureur. Il est vital que l’extrême-droite soit mise à l’écart du pouvoir afin d’éviter qu’un vent mauvais souffle sur le pays. Nous demandons donc que l’ensemble des formations politiques et des composantes de la société civile appelle sans ambiguïté à voter pour les candidats qui respectent pleinement toutes les valeurs d’humanisme que défend le Pacte civique.
| Merci d’avoir lu notre Flash Infos sur la dissolution…jusqu’au bout ! Merci encore plus de réagir à ce texte, Et de nous écrire vos réactions, qui dans la période actuelle sont essentielles pour nourrir notre réflexion sur la Démocratie ! Directement dans l’espace commentaire ci-dessous. Ensemble restons fidèles à nos valeurs ! |
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Merci, merci pour votre analyse à laquelle j’adhère totalement….
Cela change avec les émissions écoutées sur les radios et les télés, qui souvent me désolent : manque de partialité, présentation souvent négative d’une situation ou en ce moment de toute action gouvernementale…. La France va mal entend -on sans arrêt, pourtant autour de moi, à la campagne, tout semble aller bien, chacun dans sa petite villa. Alors ? pourquoi un tel pessimisme ? N’a t-on envie que de consommer ? d’avoir plus que le voisin ? ou à force d’entendre que tout va mal on finit par le croire…..Mais cela va peut être réellement arriver, si les français veulent « essayer le RN ».
Merci encore et continuez à nous envoyer de vrais analyses que je fais suivre à mes amis systématiquement.
Le désarroi met beaucoup de citoyens à vif et renforce ce manichéisme illusoire qui sommeille depuis longtemps. A l’évidence il faut faire front maintenant contre les extrémismes tout en cherchant collectivement ensuite mais bientôt comment imaginer et désirer une transformation assez radicale… le tout dans un contexte de turbulence, voire de violence, peu propice au recul apaisé indispensable.
Il faut y penser dès maintenant. Il revient sans doute aux organisations progressistes de citoyens indépendants et raisonnables d’imaginer la façon de faire. En ce sens tout reste à faire.
Une lueur d’espoir dans un proche avenir ? Celui de la méthode « convention citoyenne » ou « grand débat » si gauche et centre veulent bien jouer le jeu ouvertement et loyalement.
Ne faut-il pas déjà s’en préoccuper ?
Je partage entièrement votre texte et vous félicite pour son contenu, fort utile en ces temps agités. Je l’ai transféré à mes proches (famille et amis) qui ne sont pas engagés dans l’Association Sauvons l’ Europe, dont je suis adhérent depuis de nombreuses années.
En ce qui concerne le contenu du Pacte civique proprement dit, je trouve que le nécessité de conduire une véritable Politique Industrielle au niveau de l’ Europe n’est pas présente, et c’est pour moi, ancien cadre d’ Airbus, un point crucial pour notre survie dans ce monde tel qu’il se dessine.
Amitiés Euro Progressistes
Gérard Darteyre
Il me semble que pour un certain nombre de français le personnage de Mélenchon est populaire mais ce n’est qu’un tribun qui est aussi richissime, si on faisait connaître cette fortune, peut-être que certains n’auraient plus envie de voter pour lui ! De plus, il chasse de son parti des personnes qui n’ont pas de raison de l’être ! N’y aurait-il pas moyen de faire un groupe de personnes de gauche, sans ce personnage ?
Merci
O. Guillot
J’ai lu avec beaucoup d’attention le texte que vous avez publié, intitulé « Des Européennes aux
Législatives, une même exigence : ne pas laisser la démocratie être abusée ».
Si nous sommes nombreux à avoir été affligés de voir 40 % des votants choisir de soutenir une liste d’extrême droite, il serait faux de penser comme on l’entend ici ou là qu’il y a 40 % de Français racistes ou xénophobes. Il y a assurément 40 % de français mécontents de la politique suivie depuis plusieurs mandats, quel que soit le président au pouvoir.
Vous soulignez les incohérences de la campagne en ce qu’elle a surtout abordé des sujets nationaux. Je ne rejoins pas totalement cette position sachant que, depuis la crise des gilets jaunes, depuis la crise des agriculteurs, depuis la crise des hausses des prix de l’énergie, de nombreux Français se sont rendu compte de ce qu’ils ont pu percevoir comme une perte de souveraineté de la France. Pour les prix agricoles, pour le prix de l’énergie, chacun a compris aujourd’hui que les États membres doivent se plier aux décisions européennes qui leur semblent bien éloignées de leurs soucis de pouvoir d’achat. Ainsi, l’Europe, vue comme le symbole bureaucratique, ajoutant des normes à des normes déjà très présentes ne peut continuer à fonctionner ainsi, et pourtant peu de partis en lice pour les élections européennes ont proposé de véritable rupture avec ce fonctionnement incompris des Français.
Vous posez la question : « une dissolution pour faire quoi » ? Le président, en raison de sa majorité relative souhaite redonner la parole aux Français. Il me semble que le spectacle exécrable, je vous rejoins ici, qu’il nous a été donné de voir dès les premiers jours de la mandature à l’Assemblée nationale abime la démocratie.
Les élections étaient selon moi l’occasion rêvée de voir une alliance des gauches de gouvernement et modérées, se débarrassant de leurs alliés encombrants maniant outrance, invectives, injures, menaces, irrespect, la liste étant longue de leurs multiples manquements.
Il aurait été alors possible de voir un gouvernement de coalition, encore plus large, capable de transiger, ce que n’ont jamais fait jusqu’à présent les gouvernements successifs de M Macron.
Occasion rêvée même si, et vous le soulignez, ces partis ont collectivement failli à répondre aux attentes des Français, paralysés qu’ils étaient de se voir taxés de « fachos » s’ils parlaient ordre, sécurité ou immigration. Et pourtant, avec le pouvoir d’achat, c’est de cela que veulent nous parler les classes populaires, mais aussi la population dans son ensemble. Vous le précisez d’ailleurs dans le paragraphe intitulé « Sortir d’une double impasse ».
Mais nous sommes confrontés, pour « réconcilier demandes et besoins du pays » à une terrible difficulté qui est la désinformation, quels qu’en soient les canaux. Les échanges avec nos concitoyens montrent que le travail mené par le gouvernement (notamment le soutien pendant la crise COVID, les créations d’emploi, la réindustrialisation en cours, la création des maisons France Service, le modèle social unique, la redistribution) n’a aucun impact sur leur rejet de la politique actuelle, ils rétorquent cadeaux aux entreprises, prix du carburant et de l’énergie, inflation, supers profits non imposés. La responsabilité des extrêmes est très importante puisqu’ils propagent des informations erronées, promettent l’impossible et nourrissent la colère des gens. Celle du gouvernement aussi puisqu’il a refusé des amendements de bons sens dans des lois financières successives.
Nous sommes assurément dans une situation critique. Le populisme l’emportera-t-il ? A qui profiteront les voix de ceux, qui lassés par le triste spectacle d’une gauche extrême et pourtant enclins à suivre la voie ouverte par Raphaël Glucksman, ne soutiendront pas le pseudo « Front Populaire » ?
Rien n’est joué, un sursaut républicain est encore possible.
Merci pour cette très bonne analyse que je partage.
Une remarque : Depuis deux ans le RN était en campagne pour les Européennes, les autres partis ont attendu comme pour les précédentes élections européennes le dernier mois pour faire campagne sans mettre en avant les atouts de l’Europe et les avancées pour les citoyens français…
Tout à fait d’accord avec l’analyse initiale; je me permet d’ajouter quelques réflexions pour une démocratie laïque d’inspiration chrétienne dans cette phase chaotique…
Le problème rencontré pour faire vivre une démocratie laïque, modèle de société respectant pleinement la dignité de tout être humain, consiste en ceci que les valeurs mises en jeu comportent souvent entre elles des contradictions dont il est difficile, si ce n’est impossible, de sortir en restant sur un plan de logique profane. Ainsi en est-il des deux valeurs de la République, liberté et égalité, droits fondamentaux – l’une plutôt de droite, l’autre de gauche – mais qui ne peuvent coexister sans mensonge que si elles sont sous-tendues par une obligation de type plus spirituel, la fraternité !
Comment cette valeur est-elle respectée dans la France partisane actuelle?
Néanmoins les contradictions ne sont pas mauvaises en soi nous le dit Simone Weil :
« Ce n’est pas à dire que la non-contradiction soit un critérium de vérité. Bien au contraire, la contradiction, comme Platon le savait, est l’unique instrument de la pensée qui s’élève. Mais il y a un usage légitime et un usage illégitime de la contradiction. L’usage illégitime consiste à combiner des affirmations incompatibles comme si elles étaient compatibles. L’usage légitime consiste, lorsque deux vérités incompatibles s’imposent à l’intelligence humaine, à les reconnaître comme telles, et à en faire pour ainsi dire les deux bras d’une pince, un instrument pour entrer indirectement en contact avec le domaine de la vérité transcendante inaccessible à notre intelligence ».
Ainsi en est-il en particulier des deux réalités à vivre au XXIème siècle, l’enracinement et la mondialisation, et des deux valeurs associées en un même oxymore d’autonomie et solidarité. Il s’agit en effet d’échapper aux deux écueils auxquels est confronté l’individu vivant en société :
– faire comme s’il pouvait s’en tirer par soi-même, du fait de son seul mérite, en négligeant l’apport des autres… c’est la tentation libérale de la méritocratie,
– laisser à l’autre la peine du travail productif tout en réclamant sa part dans le partage de son fruit, ou, dit sous une autre forme, se montrer généreux avec l’argent des autres… tentation communiste d’une justice purement redistributive !
Certes ce mendiant assis au pas de ma porte me gène, ce migrant qui ne peux plus vivre dans son pays je le verrai bien parqué derrière une double barrière, ce malade ou « improductif » n’osant plus afficher son goût de vivre et coûtant cher à la société, je l’aiderai bien à mourir pour ne plus avoir à le supporter… Mais ne suis-je pas un pauvre pécheur méfiant de celui qui ne me ressemble pas alors que le Christ me dit qu’il est mon frère!
« Seul Dieu présent en nous peut réellement penser la qualité humaine chez les malheureux » et leur accorder accueil, écoute et attention.
Mais que faire ici et maintenant pour orienter notre pays, et l’Europe, vers un avenir meilleur?
Les deux enjeux majeurs pour conserver des chances de progrès sont la réduction des inégalités et la préservation de la planète. Les problèmes posés par les phénomènes migratoires viennent bien après car ils ne feront que s’amplifier si les progrès ne sont pas perceptibles sur les deux précédents.
La question à poser à chaque candidat à l’élection est son opinion à la lecture de Laudato si…
Sans passer en revue l’ensemble des mesures à promouvoir dans la prochaine assemblée, l’une d’elles me semble importante à la fois concrètement et symboliquement: le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF). Il faut bien trouver l’argent là où il y en a pour réduire la pauvreté sans trop risquer l’inflation! Et puis, aussi et surtout, accompagné de déductions fiscales, les choix de redistribution, échappant à la bureaucratie d’État, sont faits par des personnes physiques satisfaites d’accomplir une bonne action. Les bénéficiaires sont dans l’Économie Sociale et Solidaire, les associations caritatives ou les ONG, acteurs malheureusement négligés par l’actuel gouvernement.
Symboliquement, c’est introduire une logique de don dans l’économie, au-delà des logiques contradictoires de l’enrichissement personnel et de la redistribution bureaucratique…
Dominique Carliez
Cette analyse intéressante interroge au moins sur deux dimensions
Tout d’abord dire que ces élections ont porté sur des enjeux nationaux est trop court. En fait elles ont largement porté sur ce que veux dire pour les français aujourd’hui une politique européenne. L’enjeu est clairement oublié, ou mal compris. En tout cas il y a un débat clair entre Europe et identité natioanle. C’est un sujet à creuser, et non à esquiver.
L’autre point, c’est l’absence de référence à la stratégie électirale de LFI. Elle est clairement communautarisme, avec le risque avéré de faire flamber les hostiitéls entre communautés, comme on le voit avec le poids croissant des actes antisémites. Cette approche traduit une forte rupture du pacte républicain, et renvoie, hélas, aux thématiques zemouriennes.
Qu’il faille aller jusqu’aux positions de Serge Klarsfeld: préférer le RN à LFI n’est pas évident, mais passer ce dilemne sous silence ne me semble pas convenable pour un lieu qui se veut de débats.